BALTIMORA - TARZAN BOY

BALTIMORA - TARZAN BOY


Le rejet des sentiments humains favorise-t-il l'apparition du cynisme chez l'homme?
L'homme peut-il vivre sainement si il est exempté de toute liaison passionnelle?

# Enviado el jueves 29 de octubre de 2009 11:02

Modificado el jueves 29 de octubre de 2009 13:46

(Je n'ai toujours pas envie d'être en couple.)

(Je n'ai toujours pas envie d'être en couple.)
Image: Appareil LOMO Fish Eye. Aéroport Charles De Gaule, Paris.




Elle est belle. Elle est belle cette contradiction. Celle de la jeunesse.
Cette opposition au plus profond de nous. Nous qui avons l'impression d'avoir vécu déjà tant de choses, mais qui admettons humblement que nous ne sommes qu'au tout début.

Nous ne sommes peut être finalement pas aussi désabusés que nous aurions pu le croire, ou que nous pouvons le dire. Je le vois. Je le vois ton sourire étonné lorsqu'on se rend compte tout les trois, autour d'un verre au milieu de la nuit, que ça fait plusieurs mois que tu restes avec le même et que ça te plais. Je les vois aussi nos deux autres regards à nous, aussi furtifs soient-ils. Ces regards qui disent "J'en veux aussi". N'est-ce pas la preuve que, refoulé loin, très loin, nous y croyons encore? Simplement admettre que nous pouvons encore être étonné, ou mieux, agréablement surpris. Peut être que si nous passions moins de temps à imaginer ce que nous aurions à donner, pour réfléchir à ce que nous pourrions recevoir nous changerions notre façon d'appréhender les choses.
"Ca a toujours été moi qui passait en premier. Je ne veux pas me réveiller demain, à me préoccuper davantage de la personne qui dort à côté dans mon lit, plutôt que de moi." Oui, on l'a répété. Répété, et répété. Sûrement trop répété.
Carrie Bradshaw et ses amies sont passées par là.

# Enviado el lunes 27 de julio de 2009 17:20

Ceci est peut être la conséquence d'un trop grand nombre d'heures passées dans les gares et trains SNCF ces trois derniers jours.

Ceci est peut être la conséquence d'un trop grand nombre d'heures passées dans les gares et trains SNCF ces trois derniers jours.
Image; appareil LOMO Fish Eye, photo scannée. Début de soirée, début Juillet.



J'admire les personnes solitaires. Ces extraterrestres qui réussissent à rester seul, avec eux-mêmes.
J'ai commencé à faire mes cartons. Dieu sait qu'il y a du travail, puisque je n'ai rien jeté, ou presque, ces trois dernières années. J'ai trié, jeté, rangé dans des boites puis refermé par un gros scotch marron. J'ai relevé la tête, observé le résultat, et ai finalement et lamentablement rouvert les cartons pour en ressortir la moitié.
Le silence m'angoisse. Le vide m'angoisse. La solitude m'angoisse. L'immobilité m'angoisse. Et cette pièce rangée, ordonnée, avec ses murs blancs redevenus vierges de toute trace de vie m'a été insupportable. Bien au delà de ce que j'aurais pu penser. Je savais que j'avais besoin de laisser apparent dans les lieux où je vis, des sortes de traces de ma présence, des sortes de preuves. Des preuves. Je ne sais pas de quoi précisément; dire que j'ai besoin de preuves de mon existence, de mes expériences, de ce que j'ai vécu comme pour me rappeler que ça s'est passé, en vrai, me parait tellement simplet que j'ai du mal à m'en persuader. Malgré tout, c'est pour l'instant l'explication la plus évidente. Nièvre et sentimental. Le pire est qu'au fond, et cela malgré mes objections, c'est sûrement ce qui me qualifie le mieux encore une fois.
Je les admire, vraiment. Ces gens qui n'ont pas besoin des autres, pas besoin d'une pièce où s'étale leur vie, leurs souvenirs par le biais de photographies, de livres, de cd, de vêtements ou d'une infinité d'autres objets plus insignifiants les uns que les autres de prime abord. Penser qu'une personne peut ne pas avoir besoin de ces traces, ne serait-ce que quelques magazines en biais sur une table basse ou un post-it! sur un mur, pour affirmer le fait qu'un être humain évolue dans cet espace me parait inimaginable. Qu'est-ce qu'une personne sans son vécu? Peut-on, honnêtement, être indépendant des gens qui nous entourent, qui partagent nos journées? Un être humain peut-il être totalement vierge de toute relation amicale, familiale, sentimentale, professionnelle, ou en tout cas, ne pas en être tributaire? Ces magazines, ces post-it!, ces vêtements, ces carnets de croquis etc... sont une espèce de transposition matérielle d'un être vivant. Dans le cas présent, moi. Et ce sera peut être la phrase la plus pitoyable que j'écrirai jamais sur cette page internet, mais jeter ces bouts de papiers, ces stupidités en somme, revenait au niveau psychologique à me jeter à la poubelle. Symboliquement parlant, j'aurai eu l'impression de brûler, déchiré, piétiné ou plus simplement renié ce que je suis, ou les choses qui font ce que je suis. Nous avons notre mémoire, partiellement accessible, qui garde chacune de nos expériences. Et c'est peut être justement cette mémoire qui me fait réagir comme ça. Ou plus précisément sa maladie qui m'a marqué toute mon enfance. 80 ans de vie, de souvenirs, de vécu, et puis on claque des doigts et tout s'efface. Comme un disque dur qui grille. La vie peut parfois être franchement étrange. C'est peut être tout simplement ça le but de toutes ces personnes comme moi: nous gardons, gardons, gardons et gardons, pour avoir à chaque instant sous les yeux la preuve matérielle que nous consumons notre existence, comme pour pouvoir nous coucher le soir en ayant l'impression d'occuper de manière correcte le temps que nous avons à passer ici, avant de mourir. Tout cela n'aurait aucun sens si nous ne courrions pas vers notre fin. Une sorte de jeu, pas franchement drôle.


# Enviado el lunes 27 de julio de 2009 16:46

Modificado el lunes 27 de julio de 2009 17:22

Songe après songe, tu me manques. Jour après jour, j'y songe.

Songe après songe, tu me manques. Jour après jour, j'y songe.



Certaines personnages âgées dégagent cette impression. Ce sentiment de paix, voire de renoncement. Comme si ils avaient déposés les armes. Ils ont ce regard indescriptible, empli d'une sorte de sagesse, et surtout d'une sensation d'apaisement. Un apaisement intérieur. Ce regard, souvent accompagné d'un léger sourire comme perdu aux coins des lèvres, plus proche du simple rictus que du réel sourire, qui semble dire Vas-y, fais le-Tu verras. Je vois, je vois grand-mère. Je vois que je suis jeune. Pendant nos nuits si blanches, autour de nos bouteilles de vins, à disserter encore, encore et encore, malgré mes grands airs je le vois. Je le vois derrière cette impression d'avoir vieilli, je le vois que je suis jeune. // Sans souffrir, j'en ris.







# Enviado el domingo 12 de julio de 2009 18:17

La Nocturne mineure de Chopin.

La Nocturne mineure de Chopin.
Photographie; Projet personnel Style/Couture, Avril 2009. Robe Satin et tulle. Modèle; Julia L.


Nous courrions sur les touches du piano à queue du salon. Enjambant les bémols, nous faisions résonner les accords dans la maison toute entière. Nous sautions du Do au Sol, du Ré au Si et nos notes combinées semblaient être le son le plus doux qu'il nous eût été donné d'entendre de notre courte existence. Les portes étaient ouvertes et laissaient entrer le bruissement des feuilles du chêne tricentenaire du parc et des bruits de pas calfeutrés d'animaux dans les parterres de fleurs. Un vase blanc rempli de jonquilles était posé sur la table de salon; et l'eau vibrait au rythme de notre musique. Le couvercle du piano était ouvert et laissait apparaître ses cordes étincelantes. Tu glissais dessus, au coeur même de l'instrument. Danseurs, chanteurs, chefs d'orchestre et musiciens à la fois de notre propre opéra, nous étions autant spectateur qu'acteur. Nous nous jouions de la mesure, ne nous préoccupant pas de la rigueur des histoires musicales à la J.S.Bach. Puis progressivement les jonquilles ont commencé à faner. Notre piano à queue, aussi majestueux qu'il ait pu être autrefois, perdit de son merveilleux accord. Notre valse folle qui était digne d'un Allegro de Mozart, s'est cependant transformé en un adagio lourd et pesant. Nos notes piquantes, vives, insolentes et éclatantes se sont changées en une mélodie lente, morne et plate, jusqu'à ce que les cordes ne se détendent et ne se cassent définitivement. Aujourd'hui notre épopée, pourtant semblable hier à une peinture baroque de Michel Ange, a passé. La fougue et l'audace ont laissées place à un calme proche du néant. La maison parait s'être suspendue dans le temps. Il ne reste plus maintenant de notre élégant piano à queue, qu'un vestige recouvert par la poussière, brisé, calciné et rompu; témoin d'un temps révolu, d'une passion consumée.

# Enviado el viernes 10 de julio de 2009 17:50

Modificado el viernes 10 de julio de 2009 18:02